CameroonOnline.ORG | Douala, Cameroun – Un souffle de soulagement traverse les couloirs de MTN Cameroun. La filiale camerounaise du géant sud-africain des télécommunications vient de remporter une bataille juridique majeure, après plus d’un an de blocage de ses comptes bancaires.
L’affaire remonte à septembre 2022, lorsque les comptes locaux de MTN Cameroun, contenant quelque 14 milliards de francs CFA (environ 23,2 millions de dollars), avaient été gelés par décision de justice. Ce gel, motivé par un conflit autour d’un prêt immobilier, menaçait directement les opérations de l’entreprise dans un pays où elle dessert environ 15 millions d’utilisateurs.
Derrière cette saisie spectaculaire, un nom : Ahmadou Baba Danpullo, homme d’affaires camerounais influent, propriétaire du groupe Bestinver. En toile de fond, un différend avec First National Bank (FNB) d’Afrique du Sud. Après que la FNB a procédé à la liquidation de plusieurs propriétés appartenant à Danpullo sur le sol sud-africain, ce dernier a entrepris une contre-offensive en sollicitant la saisie conservatoire d’actifs de sociétés sud-africaines opérant au Cameroun, parmi lesquelles MTN.
En 2023, conformément à une décision judiciaire, MTN Cameroun avait été contraint de transférer ses fonds sur un compte séquestre géré par le greffier du tribunal. Une situation précaire qui alimentait les incertitudes autour de la continuité de ses services dans le pays.
Mais le 24 février 2025, la donne change. Une cour d’appel camerounaise statue en faveur de MTN. Selon cette décision, les sociétés du groupe Bestinver n’étaient pas habilitées à imposer de telles saisies. L’opérateur mobile a salué cette victoire dans un communiqué en date du 31 mars :
« MTN Cameroun se félicite de cette décision, qui affirme la légitimité de sa défense et rétablit ses droits. »
Une victoire certes, mais pas encore un dénouement. Me Mbanzehe Aggee, l’un des avocats de Danpullo, a indiqué qu’il allait engager de nouvelles démarches pour faire exécuter la saisie :
« Nous suivons les procédures légales pour obtenir une ordonnance d’exécution », a-t-il déclaré.
Cette affaire souligne la complexité croissante des interactions entre multinationales et acteurs économiques locaux. Elle met en lumière les défis juridiques et réglementaires auxquels font face les grandes entreprises étrangères opérant en Afrique, dans un contexte où les intérêts commerciaux se mêlent parfois aux tensions géopolitiques.
Pour MTN Cameroun, cette décision de justice représente bien plus qu’un simple déblocage de fonds : c’est un signal fort en faveur de la sécurité juridique des investissements étrangers. Reste à savoir si cette trêve tiendra… ou si l’épisode judiciaire connaîtra d’autres rebondissements dans les mois à venir.